Emploi des femmes dans l’industrie : Naval Group en première ligne

Accueil > La Semaine de l'industrie > Emploi des femmes dans l’industrie : Naval Group en première ligne

 

EMPLOI DES FEMMES DANS L’INDUSTRIE : NAVAL GROUP EN PREMIERE LIGNE

Dans un secteur de l’industrie de défense encore marqué par une image « masculine », Naval Group, acteur international du naval de défense, s’est engagé depuis de nombreuses années dans une politique volontariste en faveur de la féminisation des emplois. Cyril Raitière, DRH des sites d’Indret et Bouguenais, revient sur les convictions qui président à cette démarche et sur les actions concrètes menées pour renforcer la mixité au sein des équipes.
 

Que représente aujourd’hui l’emploi chez Naval Group ?

Cyril Raitière : Naval Group, c’est près de 17 000 collaborateurs en France, auxquels s’ajoutent plus de 40 000 emplois indirects générés dans les territoires. À Nantes, nous comptons environ 2 000 salariés répartis entre les sites Naval Group de Nantes-Indret et de Nantes-Technocampus Ocean, notre centre d’excellence pour la propulsion des sous-marins et porte-avions, et Bouguenais, tourné vers la recherche et développement. C’est un bassin industriel stratégique, avec une dynamique de croissance forte : plus de 150 recrutements par an ces dernières années, dans des métiers très variés.

 

Quel est aujourd’hui le taux de féminisation chez Naval Group, et comment évolue-t-il ?

C.R : Nous comptons aujourd’hui environ 21 % de femmes dans nos effectifs en France. La proportion est plus élevée chez les ingénieurs et cadres (23 %), mais elle reste plus réduite chez les non-cadres, autour de 15 % et parfois moins de 10 % dans certains métiers ouvriers. Toutefois, si cette progression est lente elle est continue. Si l’on parle d’objectifs, Naval Group s’est engagé, dans un accord GPEC signé avec les partenaires sociaux, à augmenter la part de femmes dans les recrutements (en CDI et en alternance). Ce taux de féminisation reflète celui du secteur industriel, et plus précisément de l’industrie maritime, encore peu féminisé, dans lequel s’inscrit notre activité : environ 21 % de femmes dans le secteur maritime.

 

Pourquoi cette féminisation est-elle importante ?

C.R : Parce que c’est à la fois une question de performance et de responsabilité. La diversité, et en particulier la diversité de genre, apporte des regards complémentaires, des façons différentes d’analyser les situations et de prendre des décisions. Limiter une organisation à un seul prisme, en l’occurrence celui d’un collectif très masculin, c’est se priver de 50 % des talents et des points de vue. Or, dans des métiers aussi stratégiques que les nôtres, la richesse des approches est un facteur de performance et d’innovation.

Au-delà de l’efficacité, il y a aussi un enjeu de représentativité. Naval Group, acteur majeur de la défense, doit ressembler à la société qu’il protège et qu’il sert. Si nous voulons attirer des jeunes générations, incarner des valeurs d’ouverture et rester un employeur attractif, nous devons refléter la diversité du pays.

 

Quels sont les principaux obstacles à cette féminisation ?

C.R : Le frein principal, c’est l’image de l’industrie. Elle reste perçue comme trop physique et peu attractive pour les jeunes femmes. À cela s’ajoute le manque de modèles féminins dans les filières techniques et les écoles d’ingénieurs, où les promotions comptent encore une grande majorité d’hommes. C’est un héritage culturel : les jeunes filles sont peu attirées par ces métiers.

 

Concrètement, quelles initiatives mettez-vous en place pour renforcer la présence et la progression des femmes au sein de Naval Group ?

C.R : Nous agissons sur trois axes : attirer, accueillir et accompagner.

Attirer, c’est travailler en amont, dès le collège et le lycée. Nous mobilisons 62 collaboratrices comme marraines de l’association Elles Bougent, qui interviennent dans les écoles pour témoigner de leur parcours. Nous participons aussi à des forums comme le Big Bang de l’emploi et soutenons des initiatives pédagogiques innovantes, comme des jeux éducatifs développés avec l’UIMM Loire-Atlantique pour valoriser les profils féminins de l’industrie tel qu’Industry Profilers.

Accueillir, c’est garantir un environnement de travail inclusif et sûr. Tous nos postes sont adaptés pour être accessibles à tous, et nous appliquons une tolérance zéro face aux agissements sexistes. Des formations immersives en réalité virtuelle permettent de prendre conscience des comportements inacceptables, et des sanctions fermes, jusqu’au licenciement, sont prévues en cas de manquement.

Accompagner, enfin, c’est donner aux femmes les moyens de progresser. Nous proposons du mentorat pour une cinquantaine de collaborateurs par an, en veillant à la parité, et un dispositif “Accélérateur au féminin” pour soutenir des talents à haut potentiel. Nous encourageons aussi des exemples concrets : nomination à un poste même pendant un congé maternité, ou management possible en temps partiel et télétravail. Autant de signaux qui montrent que carrière et vie personnelle peuvent aller de pair.

 

Avez-vous un message pour les femmes qui hésitent à se tourner vers l’industrie et la défense ?

C.R : L’industrie, et en particulier l’industrie de défense est un secteur passionnant, technique, où l’on peut véritablement faire carrière. Naval Group offre plus de 200 métiers, avec des perspectives variées et un sens fort : contribuer à la souveraineté nationale. C’est une aventure collective où chaque compétence compte, et où les femmes ont toute leur place.


Découvrez les autres thématiques