MANITOU GROUP : OUVRIR LES PORTES POUR RÉVÉLER L’INDUSTRIE
Transition écologique, digitalisation des métiers, réindustrialisation du territoire… l’industrie française connait une formidable dynamique. Et pourtant, elle peine encore à attirer les talents qu’elle recherche. Pour Florian de Gélis, DRH France de Manitou Group, la solution passe avant tout par la pédagogie et l’ouverture. Aux côtés de partenaires comme l’UIMM Loire-Atlantique, le leader mondial de la manutention tout-terrain s’emploie à le démontrer par des actions concrètes.
L’industrie est en pleine transformation. Comment cela se traduit-il concrètement ?
Florian de Gélis : Nous sommes très loin des images d’usines sombres et bruyantes. Aujourd’hui, l’industrie mêle technologie, innovation et formation continue. Chez Manitou Group, nous comptons plus de 3 000 collaborateurs en France, répartis pratiquement à parts égales entre la production et les fonctions support, avec notamment la R&D, l’IT ou la finance.
Nos équipes à la R&D recherche et développement (plus de 300 personnes) et l’IT (plus de 200) travaillent aujourd’hui sur des sujets comme la cybersécurité, la robotique ou l’éco-conception. Ces métiers n’existaient pas il y a dix ans : c’est dire à quel point l’industrie s’est transformée pour devenir un secteur d’innovation technologique et humaine.
Nous recrutons à tous les niveaux d’études, du CAP au doctorat et accompagnons la montée en compétences tout au long du parcours professionnel.
La formation interne et l’alternance jouent un rôle essentiel. Nous avons créé notre propre école de soudure pour former des personnes sans expérience. Chaque année, plus d’une centaine d’alternants rejoignent nos équipes : un véritable tremplin vers l’emploi durable.
Et pourtant, l’industrie reste encore perçue comme peu attractive, pourquoi ?
F. de G. : C’est une question d’image, plus que de réalité. Les sondages le montrent : plus de 80 % des Français reconnaissent le rôle stratégique de l’industrie, mais à peine 10 % conseilleraient à un proche d’y travailler*. Les stéréotypes hérités du passé restent ancrés : métiers d’hommes, pénibilité, pollution, immobilisme.
Or, la réalité est tout autre, ce qui n’enlève évidemment pas la nécessité que nous avons tous les jours d'œuvrer pour continuer de faire évoluer aussi bien la diversité que les conditions de travail.
Chez Manitou Group, un ergonome participe à améliorer les conditions de travail en définissant actuellement des standards afin d’intégrer les questions d’ergonomie et de sécurité dès la conception des postes. La QVCT – qualité de vie et conditions de travail – fait partie intégrante de notre politique RH : prévention des risques, sensibilisation aux comportements sexistes, accompagnement de la santé mentale, adaptation des horaires fin de carrière. Ces actions s’adressent à l’ensemble des 3 000 salariés, qu’ils soient en atelier ou en bureau.
*Premier Observatoire Arts & Métiers des Industries Responsables réalisé par l’IFOP en 2024: Quel avenir pour l'Industrie en France ? pour la Société des ingénieurs Arts et Métiers (Arts et Métiers Alumni) et le Think Tank Arts & Métiers. Date de publication / Communication : fin 2024
L’industrie d’aujourd’hui est aussi plus mixte : 25 % de nos salariés sont des femmes, présentes à tous les niveaux – de la soudeuse à la directrice de division. L’industrie est aussi plus inclusive : nous collaborons également avec des structures d’insertion et des ESAT.
Comment agir concrètement pour changer cette perception ?
F. de G. : Toutes les occasions sont bonnes de faire découvrir les métiers et les environnements de l’industrie. Nous travaillons depuis plus de dix ans avec l’UIMM Loire-Atlantique pour faire découvrir nos métiers et valoriser l’industrie. Chaque année, nous participons à la Semaine de l’industrie et aux actions de promotion des métiers en accueillant le public au sein de nos sites. Nous avons contribué à la campagne « Fière d’être », qui met en avant des parcours inspirants de femmes du secteur. Et également pris part à la campagne nationale « Tu as ta place » dédiée à la mixité.
À cela s’ajoutent nos visites d’entreprise - plusieurs centaines de visiteurs chaque année - ainsi que des interventions dans les écoles et partenariats avec les structures d’insertion. Nous soutenons également des actions d’inclusion et de reconversion, comme le mécénat mené avec Audencia sur le programme Sirius, destiné à permettre à des jeunes en décrochage de rejoindre des parcours de formation vers les métiers industriels.
Ces initiatives locales, concrètes et collectives, permettent de montrer la réalité du terrain. Parce qu’au fond, le plus efficace reste d’ouvrir les portes.
Qu’est-ce qui, selon vous, redonne aujourd’hui du sens au travail industriel ?
F. de G. : Dans l’industrie, on voit le fruit de son travail. On participe à quelque chose de concret, d’utile, qu’on retrouve dans le monde réel. Chez Manitou Group, c’est une fierté de croiser sur un chantier ou chez un agriculteur une machine qu’on a contribué à concevoir, à fabriquer. Cette visibilité nourrit la motivation.
Autre source de fierté : nous avançons dans la transition énergétique avec le rétrofit de nos machines thermiques en électriques et sommes parmi les pionniers de l’éco-conception.
Et puis, nous sommes une entreprise familiale avec un Conseil d’administration qui a une vision long terme, avec une culture du collectif et de la proximité. Cet ancrage, cette dimension humaine, on les retrouve dans beaucoup d’entreprises industrielles : c’est aussi cela qui fait la force et la singularité du secteur.