STIVAL : la RSE au cœur de l’organisation industrielle

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STIVAL : LA RSE AU CŒUR DE L’ORGANISATION INDUSTRIELLE

Dans l’industrie, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) s’impose désormais comme un levier incontournable de performance et de durabilité. Elle dépasse la seule dimension environnementale pour toucher à l’organisation, aux pratiques sociales et aux relations avec l’écosystème. STIVAL, entreprise installée en Loire-Atlantique, illustre ce mouvement en inscrivant la RSE au cœur de sa stratégie. Antoine Marimon, directeur d’usine associé, revient sur cette démarche structurante.

 

Pouvez-vous présenter STIVAL en quelques mots ?

Antoine Marimon : STIVAL est une entreprise de tôlerie fine. Nous transformons la tôle pour en faire des produits finis, parfois en intégrant des éléments mécaniques ou électroniques. Nous sommes 23 collaborateurs, avec une répartition hommes/femmes quasi égale et une moyenne d’âge autour de 45-50 ans. C’est une diversité qui contribue à l’esprit familial de l’entreprise et à la précision de notre travail.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à engager une politique RSE ?

A.M. : Lorsque j’ai repris la direction en 2022, j’ai souhaité formaliser et structurer ce qui existait déjà. La RSE s’est imposée naturellement comme une vision stratégique, mais aussi comme un cadre de cohérence pour toutes nos actions. Pour moi, performance industrielle et responsabilité sociétale vont de pair. La RSE n’est pas une contrainte, mais un levier d’organisation, de modernisation, de fidélisation et de performance industrielle.

 

Quels sont les principaux piliers de votre démarche ?

A.M. : Trois axes principaux guident notre action :

  • Économique : nous travaillons avec nos clients en conception partagée, ou éco-design. L’objectif est de réduire la consommation de matières et d’énergie tout en optimisant les coûts de production. Concrètement, nous guidons nos clients pour concevoir des pièces adaptées à nos process afin d’éviter des étapes superflues, de limiter les rebuts et de réduire les coûts finaux.
  • Social : en 2023, nous avons adopté la semaine de 4 jours. Testée puis validée par 96 % des collaborateurs, elle a réduit nos consommations énergétiques (pas de redémarrage des machines le vendredi, moins de chauffage et de cuisson de peinture) et amélioré le bien-être. Les salariés gagnent une journée libre pour leurs démarches personnelles, la famille ou les loisirs. Et nous gardons une flexibilité : en cas d’urgence client, l’atelier peut ouvrir ponctuellement le vendredi matin sur la base du volontariat.
  • Environnemental : nous avons investi près de 2 M€ depuis 2021 dans des machines moins énergivores, conformes à l’industrie 4.0, réduisant ainsi les consommations d’énergie et les couts liés à la maintenance corrective. Nous avons aussi installé un compresseur permettant de réinjecter la chaleur dans l’atelier pour limiter l’usage du gaz. Nous suivons désormais nos consommations et travaillons à une certification ISO 14001.

 

Comment cette politique se traduit-elle dans le quotidien des équipes ?

A.M. : Elle passe d’abord par un management basé sur la bienveillance et la transparence. Nous encourageons aussi la convivialité à travers des moments de partage, comme notre barbecue annuel. Sur la sécurité, les investissements en robotisation réduisent les gestes répétitifs et les risques liés aux postures. Résultat : nous comptons aujourd’hui plus de 1 700 jours sans accident du travail.

 

La RSE concerne aussi vos clients et fournisseurs. Comment travaillez-vous avec eux ?

A.M. : De plus en plus, nos clients intègrent des exigences RSE. Certains imposent la traçabilité des matières pour éviter les « minerais de conflit ». D’autres, comme WinBin, développent des solutions de récupération de biodéchets et attendent la même logique de leurs partenaires. Nous travaillons aussi avec des transporteurs qui intègrent des camions électriques dans leur flotte. Autant d’exemples qui montrent que la RSE se vit dans toute la chaîne de valeur.

 

Quel rôle a joué l’UIMM Loire-Atlantique dans cette démarche ?

A.M. : L’UIMM Loire-Atlantique nous accompagne de manière structurante. La Charte RSE nous a permis de faire un état des lieux, d’identifier nos priorités et de bâtir un plan d’action clair. L’UIMM Loire-Atlantique propose aussi des formations, du suivi SSE, et met en relation des partenaires engagés. C’est un appui précieux pour continuer à progresser.

 

La mixité fait aussi partie de vos spécificités. Qu’apporte-t-elle ?

A.M. : Dans un secteur encore perçu comme très masculin, nous comptons 50 % de femmes. Certaines occupent des postes de régleuses, responsables logistiques ou opératrices de peinture. Cette diversité favorise la précision, la rigueur et un climat de bienveillance. La mixité contribue à l’équilibre de l’entreprise et renforce l’attractivité pour les jeunes générations.

 

Justement, attirer les jeunes générations est aussi un enjeu fort. Pourquoi cet accueil est-il si important pour vous ?

A.M. : Parce que l’avenir de nos métiers dépend de la transmission. Nous accueillons régulièrement des stagiaires et des classes de BTS. L’objectif est de leur faire découvrir la réalité d’une usine moderne, loin des clichés. La tôlerie fine est un métier de précision, valorisant, qui s’appuie sur des technologies de pointe. Notre responsabilité est de donner envie et de montrer que l’industrie peut être un choix d’avenir !

 

Quel message souhaitez-vous adresser à ceux qui doutent encore de l’intérêt de la RSE dans l’industrie ?

A.M. : La RSE n’est pas une option, c’est une vision globale qui donne du sens au travail, structure l’entreprise et renforce sa performance. Chez STIVAL, elle est devenue le moteur de notre organisation et un levier d’attractivité.


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