FAB’ACADEMY : PLACER L’HUMAIN AU CŒUR DE L’INDUSTRIE DU FUTUR
La Fab’Academy du Pôle formation - UIMM, centre de formation dédié aux métiers de l’industrie, place la transformation numérique au cœur de ses actions. À travers l’évolution des outils, des méthodes et des compétences, elle prépare les jeunes et les formateurs à relever les défis de l’industrie de demain. Yoann Lardeux, Responsable Transformation & Innovation Numérique, revient sur cette mutation et sur les enjeux humains qui l’accompagnent.
Pouvez-vous nous présenter votre rôle dans cette transformation à la Fab’Academy ?
Yoann Lardeux : Je suis responsable de la transformation numérique & Innovation Numérique à la Fab’Academy. J’ai d’abord travaillé sur l’ingénierie des formations informatiques, avant d’élargir ma mission à la modernisation des pratiques et des outils. Aujourd’hui, j’accompagne aussi bien les formateurs que les apprenants dans l’intégration du numérique, en veillant à ce qu’il serve la pédagogie et les besoins réels du terrain.
Que recouvre, selon vous, la notion d’industrie du futur ?
Y.L. : Pour moi, l’industrie du futur, c’est une industrie plus performante, plus connectée, mais aussi plus humaine. Il ne s’agit pas seulement d’automatiser ou d’optimiser les process : il s’agit d’améliorer le confort, la sécurité et la satisfaction au travail. Les technologies ne remplacent pas l’humain, elles le renforcent. C’est cet équilibre entre performance et bien-être qui, à mes yeux, définit véritablement l’industrie du futur.
Comment la Fab’Academy prépare-t-elle les jeunes et les formateurs à ces nouvelles exigences ?
Y.L. : Nous avons engagé un vaste programme de formation interne. Depuis un an, 250 collaborateurs, formateurs et équipes support, sont formés aux nouveaux usages numériques. Cela va de l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle à la gestion sécurisée des données. Nous voulons que chacun comprenne comment ces outils peuvent aider à mieux enseigner, mieux apprendre et mieux produire. Nous déclinons ensuite ces compétences auprès des apprenants, pour qu’ils soient, à leur tour, acteurs de la transformation.
Les métiers industriels sont-ils profondément bouleversés par le numérique ?
Y.L. : Oui, mais pas forcément dans le sens où on l’imagine. Les métiers ne disparaissent pas : ils évoluent. Un usineur, par exemple, travaille encore sur machine traditionnelle, mais désormais sur commandes numériques. Les concepteurs utilisent la CAO et la 3D. Les techniciens en maintenance manipulent des capteurs connectés. Notre rôle est de montrer cette continuité : les bases restent les mêmes, mais les outils changent. Il faut donc apprendre à maîtriser ce nouveau langage technologique.
Comment intégrez-vous les enjeux de cybersécurité dans vos formations ?
Y.L. : La cybersécurité est devenue un enjeu majeur. Une cyberattaque dans une entreprise industrielle peut avoir des effets lourds : arrêts de production, pertes de données, risques environnementaux. Nous avons donc développé des modules spécifiques de sensibilisation, obligatoires pour tous nos apprenants et salariés. Avant d’accéder à certaines machines, ils doivent valider un parcours qui leur apprend à reconnaître les risques, les tentatives de phishing ou les ransomwares. C’est une manière de leur faire comprendre que la sécurité numérique fait partie intégrante de leur métier.
Vous misez aussi sur des outils innovants pour rendre la formation plus attractive. De quoi s’agit-il ?
Y.L. : Nous avons conçu des parcours immersifs et ludiques. Chaque nouvel apprenant réalise une visite virtuelle de son centre à 360°, découvre les règles de sécurité et doit interagir avec son environnement pour valider son parcours. Nous expérimentons aussi la réalité augmentée et virtuelle, qui permettent de simuler des gestes techniques ou de démarrer une machine en autonomie. Ces approches rendent l’apprentissage plus concret, plus engageant et plus proche de la réalité professionnelle.
Pensez-vous que le numérique peut redonner de l’attractivité à l’industrie ?
Y.L. : Absolument. L’image de l’industrie est en train de changer. Nos centres de formation sont aujourd’hui ouverts, lumineux, équipés de technologies modernes. Quand les jeunes ou leurs familles les visitent, ils découvrent un univers loin des clichés : un environnement de travail propre, technologique et collaboratif. Le numérique est un formidable levier d’attractivité, à condition qu’il s’accompagne de pédagogie et d’accompagnement humain.
Quelles sont, selon vous, les compétences clés de l’industrie du futur ?
Y.L. : Je parlerais avant tout de polyvalence. Les jeunes devront maîtriser leur cœur de métier, mais aussi comprendre les logiques du numérique, de la cybersécurité et du travail collaboratif. Ce qui fera la différence, ce sont les savoir-être : curiosité, agilité, envie d’apprendre. C’est cette combinaison entre expertise technique, culture digitale et intelligence collective qui permettra d’avancer.
Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes générations ?
Y.L. : Je leur dirais : venez voir par vous-mêmes. L’industrie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’hier. C’est un secteur vivant, innovant et porteur de sens. On y apprend, on y progresse, on y participe à des projets concrets. Et surtout, on y trouve une vraie fierté : celle de fabriquer, de transformer et de contribuer à l’avenir.