Portrait de Charlotte Bertraneu, Cheffe d'équipe chez MANITOU Group

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DE L’ASSEMBLAGE AU LEADERSHIP, UN PARCOURS QUI INSPIRE

L’industrie reste un environnement où les femmes sont encore minoritaires, mais certaines réussissent à s’y imposer par leur engagement, leurs compétences et leur capacité à fédérer.
 

 

À 35 ans, Charlotte Bertraneu est cheffe d’équipe à l’atelier d’assemblage de chariots télescopiques chez Manitou Group. Entrée dans l’entreprise il y a dix ans comme opératrice au montage, elle a gravi les échelons pour encadrer aujourd’hui une équipe de 27 personnes. Un parcours marqué par des projets ambitieux, une volonté de faire progresser ses collaborateurs et une vision optimiste de la place des femmes dans l’industrie.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre poste actuel ?

Charlotte Bertraneu : J’ai 35 ans, je suis chef d’équipe à l’assemblage des chariots télescopiques chez Manitou Group depuis bientôt 5 ans. Mon rôle consiste à encadrer 27 personnes, assurer la bonne organisation du travail, veiller à la sécurité, à la qualité et au respect des délais. J’ai intégré Manitou Group en 2015 comme monteur, et j’ai évolué progressivement vers mon poste actuel.

 

Quel était votre parcours avant d’entrer chez Manitou Group ?

C.B. : J’ai un master dans l’enseignement et la formation, qui devait me conduire à devenir professeure des écoles. J’ai tenté plusieurs fois le concours, mais je n’ai pas été admise. Après cela, je me suis orientée vers l’industrie, d’abord dans l’électronique comme opératrice d’assemblage de cartes électroniques, puis chez Manitou Group. Ce n’était pas prévu au départ, mais l’entreprise m’a offert de nombreuses opportunités.

 

Qu’est-ce qui vous a attirée vers l’industrie ?

C.B. : J’aimais l’idée de fabriquer quelque chose de mes mains. Chez Manitou Group, on m’a rapidement fait comprendre que mon bagage scolaire et mes compétences pouvaient me permettre d’évoluer. Contrairement à d’autres expériences professionnelles, ici, les perspectives étaient réelles.

 

Comment s’est déroulée votre évolution en interne ?

C.B. : Mon parcours a suivi quatre étapes : opératrice, polyvalente (capable d’occuper plusieurs postes), ATA (Assistant Technique d’Atelier, bras droit du chef d’équipe sur les aspects techniques), puis cheffe d’équipe. Lorsque j’ai pris ce dernier poste, j’ai suivi une formation avec l’UIMM sur le management, la gestion de conflit, le travail en équipe et des notions budgétaires.

 

Est-ce que devenir chef d’équipe était une volonté personnelle ou une opportunité qui s’est présentée ?

C.B. : Les deux. J’avais envie de retrouver le côté management et accompagnement qui m’attiraient déjà dans mon projet initial d’enseigner. Mais on m’a aussi encouragée à franchir le pas, car mon profil correspondait au poste.

 

Avez-vous rencontré des difficultés dans votre parcours ?

C.B. : Non, mon évolution s’est faite de manière fluide et logique. Chaque nouveau poste m’a permis d’apprendre sans me mettre en difficulté. Je me suis toujours sentie à ma place, sans remise en question majeure.

 

Quels projets ont marqué votre carrière ?

C.B. : Plusieurs. En tant qu’ATA, j’ai participé à la création complète d’une nouvelle ligne d’assemblage des cabines, en collaboration avec différents services. En tant que chef d’équipe, j’ai piloté un projet de suppression des cutters dans les ateliers, pour améliorer la sécurité après certains incidents. Mais le projet le plus marquant a été le projet ABBA (« A vers B, B vers A ») : une réorganisation totale de deux lignes d’assemblage, avec transfert de modèles, changement d’horaires (passage en 2x8) et réaffectation des opérateurs. Cela impliquait la formation des équipes, un suivi matériel et humain, et un planning précis sur plusieurs mois.

 

De quoi êtes-vous la plus fière dans votre parcours ?

C.B. : D’avoir réussi à m’épanouir dans un domaine qui ne m’était pas destiné au départ. J’ai su rebondir et trouver ma place, sans regret par rapport à mon projet initial. Au contraire, je pense que ce changement a été une chance.

 

Quel est votre impact au sein de l’entreprise ?

C.B. : Je m’efforce de faire progresser mes collaborateurs, de développer leurs compétences, de maintenir leur motivation et de cultiver un esprit d’équipe. La sécurité et la qualité sont au cœur de mon management. Je mesure mon impact à la réceptivité de mes équipes et aux résultats obtenus.

 

Selon vous, quels stéréotypes à l’égard des femmes subsistent encore dans l’industrie ?

C.B. : On peut encore percevoir des préjugés sur la place des femmes, notamment sur la technique pure, où il faut parfois prouver davantage ses compétences. En début de carrière, les femmes sont parfois affectées à des postes jugés « plus simples » ou moins physiques, le temps de faire leurs preuves. Mais avec le temps et en démontrant ses capacités, ces barrières tombent.

 

Depuis que vous dirigez une équipe majoritairement masculine, avez-vous été confrontée à des stéréotypes liés au fait d’être une femme en position de leadership ?

C.B. : Pas vraiment, une fois que la légitimité est acquise. Pour mes opérateurs, j’ai cette légitimité parce que j’ai travaillé au montage. Pour mes pairs et les autres services, c’est plutôt mon bagage scolaire qui compte. Il faut savoir adapter son discours et son positionnement en fonction de son interlocuteur.

 

Y a-t-il beaucoup de femmes cheffes d’équipe chez Manitou Group ?

C.B. : Nous sommes trois sur trente-huit. C’est encore peu, mais c’est mieux qu’il y a dix ans, où il n’y en avait peut-être qu’une seule. Les mentalités évoluent.

 

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui veut se lancer dans l’industrie ?

C.B. : Ne pas se mettre de barrières. Oser postuler, que ce soit pour un poste manuel ou un poste de management. Les conditions de travail ont beaucoup évolué, et tous les postes sont accessibles aux femmes. Il faut s’écouter et suivre ses envies, sans brider ses ambitions.

 


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