DE L'AERONAUTIQUE A LA NAVALE : FAIRE DE LA CURIOSITE UNE FORCE
Fière d’être met en lumière des trajectoires inspirantes de professionnelles qui font bouger les lignes de l’industrie en Loire‑Atlantique. À travers ces portraits, l’UIMM Loire‑Atlantique valorise des parcours concrets, des choix assumés et des métiers riches de sens. La série affirme notre engagement pour la mixité et l’attractivité des métiers et donne des repères à celles et ceux qui souhaitent se lancer.

Aujourd’hui, rencontre avec Marine Balière, électricienne aux Chantiers de l’Atlantique. Après un début de parcours loin des ateliers, elle a découvert l’industrie, s’y est formée et y a trouvé sa place. Elle revient sur son cheminement, ses fiertés et sa vision d’une industrie plus inclusive.
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Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre poste actuel ? Marine Balière : Je suis Marine Balière, électricienne aux Chantiers de l’Atlantique depuis près de cinq ans. Je travaille aujourd’hui dans les ateliers de montage des cabines. Mon parcours a commencé dans l’aéronautique, où j’ai obtenu un CQPM de monteuse câbleuse. Le COVID a bouleversé ce secteur et c’est par curiosité que j’ai rejoint les Chantiers de l’Atlantique. J’ai découvert un univers passionnant, bien différent de ce que je connaissais et je n’ai plus quitté l’industrie navale depuis.
Qu’est-ce qui vous a attiré vers l’industrie ? M.B. : À la base, je n’avais jamais envisagé l’industrie. Après un CAP esthéticienne et quelques expériences dans la vente, j’ai réalisé que ces métiers ne me correspondaient pas. C’est mon entourage qui m’a fait découvrir l’aéronautique. Dès mon premier stage, j’ai su que c’était là que je voulais être : un milieu rigoureux, où l’on crée, où l’on voit le résultat concret de son travail. C’est cette dimension qui m’a conquise.
Comment êtes‑vous passée de l’aéronautique au naval ? M.B. : Le COVID a fortement bousculé la filière aéronautique. Par curiosité, j’ai candidaté aux Chantiers de l’Atlantique : le travail en électricité restait assez similaire, ce qui m’a permis de transférer rapidement mes compétences sans repasser par une formation complète. J’ai même, entre temps, découvert le secteur de l’éolien en mer.
Avez-vous rencontré des difficultés en tant que femme dans un secteur majoritairement masculin ? M.B. : Au début, oui. J’ai souvent eu l’impression de devoir prouver davantage mes compétences, comme si mon diplôme ou mon expérience ne suffisaient pas. J’ai aussi entendu des remarques sur la force physique, comme si c’était un critère absolu. Pourtant, dans mon métier, l’intelligence et la rigueur comptent bien plus que la force brute.
Et aujourd’hui, comment se passe le quotidien ? M.B. : Beaucoup mieux. Les mentalités évoluent et je suis traitée comme une égale. En atelier, si quelque chose est trop lourd, on s’entraide. Nous sommes encore majoritairement des hommes, mais les femmes sont de plus en plus nombreuses. |
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Quel a été un moment marquant de votre parcours ?
M.B. : Mon année passée au Canada (Toronto). Je n’aurais jamais imaginé pouvoir travailler à l’étranger grâce à mon métier. Cette expérience m’a ouvert des horizons, m’a permis de pratiquer l’anglais et de gagner en confiance.
Aujourd’hui ce qui me rend la plus fière c’est mon autonomie : être capable de réaliser mon travail seule, à partir des plans, en gérant mon poste du début à la fin.
Quel message adresseriez-vous aux femmes qui hésitent à se lancer dans l’industrie ?
M.B. : Foncez ! L’industrie offre une incroyable diversité de métiers et d’opportunités d’évolution. On peut passer de l’aéronautique au naval, comme je l’ai fait, ou se spécialiser dans des domaines très variés. Ce qui compte, c’est de trouver ce qui nous passionne. Et surtout, ne pas se laisser décourager par les stéréotypes : si un métier vous plaît, vous avez votre place, qu’importe votre genre.
Comment voyez-vous l’avenir de la diversité dans l’industrie ?
M.B. : Je suis optimiste. Les entreprises prennent conscience de l’importance de l’inclusion. Aux Chantiers de l’Atlantique, il existe des espaces d’échange et des sensibilisations, comme par exemple Les Elles de l’Atlantique, qui rappellent les règles de respect et de prévention des comportements sexistes. Cela contribue à installer un cadre de travail plus inclusif.
Si vous deviez résumer votre parcours en une phrase, que diriez-vous ?
M.B. : « Apprendre et découvrir sans cesse. » L’industrie m’a appris que l’on peut toujours évoluer, se former, et se réinventer. Chaque expérience m’a enrichie, et c’est ce qui rend ce secteur si passionnant.
Un dernier mot pour conclure ?
M.B. : L’industrie n’est pas réservée aux hommes. Tout le monde a sa place, à condition d’y croire et de s’en donner les moyens. Si j’avais su plus tôt que ces métiers existaient, je m’y serais lancée bien avant. Alors, aux jeunes filles et aux femmes qui nous lisent : informez-vous, osez, et lancez-vous !

