Portrait de Lucie Douillard, Chaudronnière chez Michel Guilberteau

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CHAUDRONNERIE INDUSTRIELLE : QUAND LES FEMMES FACONNENT LEUR AVENIR

Lucie Douillard fait partie de cette génération qui, avec détermination et passion, n’hésite pas à prendre sa place dans les ateliers. Chaudronnière chez Michel Guilberteau SAS, elle met en œuvre technicité, précision et créativité sur des pièces complexes destinées à des secteurs exigeants comme l’aéronautique ou le pharmaceutique.

 

 

Aujourd’hui pleinement à sa place dans ce métier manuel et exigeant, elle incarne une vision engagée et concrète de la mixité industrielle. Rencontre avec une professionnelle qui prouve chaque jour que la chaudronnerie n’a pas de genre.

 

Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre poste actuel chez Michel Guilberteau SAS ?

Lucie Douillard : Je suis chaudronnière depuis environ un an et demi chez Michel Guilberteau. C’est un poste très complet : je fais du roulage, du pliage, de la soudure, principalement sur de l’inox. J’aime la variété du travail et le fait de toucher à toutes les étapes de fabrication. On travaille pour différents secteurs, notamment l’aviation et le pharmaceutique. C’est très motivant de contribuer à des projets concrets et techniques.

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans ce secteur ?

L.D. : J’ai toujours été attirée par le travail manuel. À l’origine, j’étais orientée vers la décoration et la peinture. J’ai fait des stages, mais il y avait peu de débouchés à l’époque. C’est une mission d’intérim qui m’a amenée à découvrir la chaudronnerie. Ensuite, j’ai suivi une formation en soudure TIG, notamment avec la Fab’Academy, et j’ai vraiment accroché. Mon grand-père m’avait déjà appris à souder au chalumeau quand j’avais 9 ans, donc c’est quelque chose qui m’a toujours intriguée. Cette base m’a beaucoup aidée à progresser plus vite dans la compréhension du métier.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus aujourd’hui dans la chaudronnerie ?

L.D. : Ce que j’aime, c’est partir de presque rien – juste des tôles – et arriver à façonner des pièces utiles, propres et complexes. Je suis particulièrement fière des pièces que je réalise en finition, quand tout est parfaitement ajusté, soudé, poli. Voir un objet fonctionnel et esthétique prendre forme entre ses mains, c’est très gratifiant.

 

Avez-vous rencontré des obstacles en tant que femme dans ce métier ?

L.D. : J’ai toujours travaillé dans des milieux très masculins. Ce n’est pas toujours facile, il faut du caractère. Dans certaines entreprises, on ne laisse pas de place aux femmes, on ne va même pas chercher à savoir ce qu’on sait faire. Heureusement, ce n’est pas le cas ici. Chez Guilberteau, on m’a donné ma chance, et je suis traitée comme n’importe quel collègue. Les outils et les équipements facilitent les tâches physiques, et je n’ai jamais eu de souci à ce niveau-là.

 

Selon vous, quels stéréotypes persistent dans l’industrie vis-à-vis des femmes ?

L.D. : Il y a encore l’idée que certains métiers sont « trop physiques » pour une femme. Ou bien qu’on ne saura pas faire, qu’on n’est pas assez technique. Il faut encore prouver qu’on est capables, souvent plus que les autres. Mais je pense que la présence des femmes dans les ateliers change la dynamique. On réfléchit différemment, on travaille autrement, on apporte une autre manière de voir les choses. Ce n’est pas mieux ou moins bien, c’est complémentaire.

 

Vous sentez-vous à votre place aujourd’hui dans l’entreprise ?

L.D. : Oui, complètement. Je suis bien ici, je fais un métier qui me plaît et je sens que je suis reconnue pour mes compétences. On est deux femmes dans l’atelier, avec Maïna, et même si ce n’est pas toujours nécessaire d’être plusieurs pour s’imposer, c’est quand même agréable d’avoir une collègue avec qui on partage cette expérience.

 

Quel impact votre métier a-t-il sur votre vie personnelle ?

L.D. : C’est un métier qui a aussi un impact positif à la maison. J’ai rénové ma maison moi-même, et ce que j’apprends ici m’aide dans plein d’aspects de la vie quotidienne. On réfléchit différemment, on est plus autonome, plus débrouillarde. Ce que je fais dans l’atelier me sert aussi dans ma vie personnelle.

 

Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme qui hésite à se lancer dans l’industrie ?

L.D. : Prenez votre temps, mais n’abandonnez pas. Il ne faut pas se laisser décourager par les remarques ou les doutes. Si c’est un métier qui vous attire, allez jusqu’au bout. Il faut prouver qu’on est capable, mais c’est possible. On a notre place dans l’industrie, il faut juste oser la prendre.

 

Si vous deviez résumer votre parcours en une phrase ?

L.D. : Il faut rester forte, avancer sans regret, et toujours garder en tête qu’on est tout à fait capable de réussir dans ces métiers-là.

 


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