Portrait de Marilou Gonet, Responsable Fonction Technique chez Chantiers de l’Atlantique

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DE LA RIGUEUR TECHNIQUE À LA FIERTÉ DU COLLECTIF

Aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, Marilou Gonet fait partie de ces professionnelles dont le parcours illustre la diversité et l’exigence des métiers industriels. Son quotidien : des projets techniques de long cours, des responsabilités concrètes, et la satisfaction de contribuer à des réalisations visibles, utiles… et impressionnantes.

 

 

Responsable Fonction Technique sur les énergies marines, elle intervient notamment sur les sous-stations électriques offshore. De la commande à l’installation, Marilou suit des équipements sur plusieurs années, coordonne les étapes, et accompagne les équipes jusqu’aux phases clés du projet. Un métier où rigueur, collaboration et sens du détail se traduisent par une fierté très tangible : voir “partir” en mer une sous-station à laquelle on a participé de A à Z.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre poste actuel ?

Marilou Gonet : Je m’appelle Marilou Gonet, j’ai 40 ans. Je travaille aux Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, depuis quatre ans. J’occupe le poste de Responsable Fonction Technique (RFT) sur les énergies marines, plus précisément sur les sous-stations électriques offshore.
C’est un intitulé qui n’est pas forcément très parlant à l’extérieur. Concrètement, je travaille dans l’opérationnel sur des projets offshores déjà remportés. Je suis responsable de certains équipements intégrés à la sous-station, que je suis depuis la phase de commande jusqu’à leur installation sur la station. C’est un poste très complet, qui permet de suivre un équipement sur toute la durée du projet. Un projet peut durer entre deux et quatre ans.

Chaque RFT est autonome sur ses périmètres d’équipements, tout en étant en lien avec les autres services : tout doit s’imbriquer correctement à la fin. Dans mon service, nous sommes environ 25 personnes : une dizaine de RFT, des concepteurs et des dessinateurs. Le service s’appelle « accessoires coque », un héritage du monde naval. Il regroupe tout ce qui concerne la circulation et les équipements ajoutés sur la sous-station : passerelles, escaliers, sols, grues, équipements de sauvetage, hélidecks…

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans l’industrie ?
M.G. : Ce n’est pas venu d’une révélation. Je n’ai pas eu d’intervenants au lycée pour me parler de l’industrie, c’était assez flou pour moi. J’ai suivi un parcours scientifique : une prépa maths, puis une école d’ingénieur généraliste en mécanique et électricité. C’est lors de mon stage de fin d’études, aux méthodes, avec beaucoup de présence en atelier, que j’ai réellement découvert l’industrie. Le secteur offshore est arrivé plus tard, par opportunités professionnelles. Aujourd’hui, les énergies marines renouvelables donnent aussi beaucoup de sens à mon travail. C’est un secteur qui me parle davantage.

 

Avez-vous rencontré des difficultés dans votre parcours ?

M.G. : Pendant mes études, non. Même si la prépa était difficile, j’ai adoré cette période.
En entreprise, oui. Il y a toujours le défi de la légitimité, surtout au début. Le syndrome de l’imposteur peut être présent. C’est aussi lié à ma personnalité : je me remets beaucoup en question.

Et il y a le fait d’être une femme dans un milieu très masculin, surtout quand on débute. Quand j’ai commencé il y a quinze ans, on parlait beaucoup moins de ces sujets. Arriver jeune femme, avec des responsabilités, dans un atelier, posait forcément des questions.

Mais globalement, ça s’est bien passé. Et aujourd’hui, aux Chantiers de l’Atlantique, je ressens beaucoup moins ces difficultés. La culture d’entreprise et l’expérience jouent énormément.

 
De quoi êtes-vous la plus fière aujourd’hui ?

M.G. : Je suis fière d’avoir réussi à trouver ma place lors de mon premier poste.
Et aujourd’hui, je suis fière de l’entreprise dans laquelle je travaille, des produits que nous fabriquons et du résultat collectif. Ce que nous construisons est impressionnant. Voir partir une sous-station sur laquelle j’ai travaillé de A à Z, la voir quitter les Chantiers pour être installée offshore, c’est une grande fierté. Même si le projet n’est pas terminé à ce stade, c’est une étape très forte.

 

Quels stéréotypes persistent encore selon vous ?

M.G. : L’idée que les hommes seraient naturellement plus techniques.
À compétences égales, on va parfois poser une question technique à un homme plutôt qu’à une femme. C’est un biais qui existe encore et qui est bien souvent générationnel. Je pense que la féminisation apporte une autre vision, une autre intelligence relationnelle. La diversité permet un meilleur équilibre dans les équipes.

 

Comment décririez-vous votre expérience globale en tant que femme dans l’industrie ?

M.G. : Très enrichissante. Cela m’a permis de mieux me connaître, de gagner en confiance et en assurance, y compris dans d’autres aspects de ma vie. Aujourd’hui, je travaille dans un environnement bienveillant et le relationnel est primordial pour moi.

 

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui souhaitent se lancer dans l’industrie ?

M.G. : De foncer. De bien s’entourer, d’observer, de communiquer et de ne pas accepter certaines situations. Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on est moins technique ou moins légitime. Au contraire, cela peut être un atout.

 

Si vous deviez résumer votre parcours en une leçon clé ?

M.G. : Ne jamais sous-estimer son potentiel. Et ne pas hésiter à travailler dans plusieurs entreprises : cela permet de gagner en confiance et de mieux savoir ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas.

 

Un dernier message ?

M.G. : L’industrie est vaste et pleine de possibilités. Il existe une multitude de métiers, souvent méconnus.
Ce n’est pas parce qu’on ne s’épanouit pas dans un poste que l’industrie n’est pas faite pour soi. Il faut chercher, tester, s’ouvrir aux opportunités. La relation avec une entreprise est avant tout un engagement partagé, une relation réciproque basée sur la confiance mutuelle.

 

 


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